jeudi 5 février 2009

Télévision 2

J'étais en train de me battre contre un bataillon de ninjas venus m'extorquer le secret de ma hargne contre tout et n'importe quoi, quand, en projetant l'un d'entre eux à plus de trente mètres d'un Mate-Neesan-Ittaï bien placé (1), il alluma par inadvertance le téléviseur en atterrissant sur la télécommande. Et là, stupéfaction. L'infâme émission "A prendre ou à laisser" présentée par l'époustouflant Arthur (2) va reprendre sur TF1.

Voyant ceci, ma trentaine d'adversaires, qui n'étaient plus que douze à bien réfléchir à ce moment là, s'arrêtèrent immédiatement. Ils avaient compris. Sans rancune, j'ai d'ailleurs offert un bon kawa à leur chef Zaki.

Si je devais comparer "A prendre ou à laisser" à un livre, je serais bien en peine. Parce qu'un ouvrage, même lamentable, peut toujours servir à caler un buffet ou à allumer le feu. Il n'y a rien à garder dans cette émission.

Le principe, pour les bienheureux qui ne le connaissent pas, consiste à "éliminer" des boîtes contenant une somme d'argent, et le candidat gagne la somme de la dernière en lice. Mais sur quoi sont basés ces choix? Rien. Le hasard. Le candidat sait quelles sommes il reste en jeu, mais n'a pas plus d'indications que ça. Et là, bien souvent, Arthur parle de "stratégie". Sun Tzu doit se retourner dans sa tombe.

Moment délicieux toutefois, un candidat qui s'était vu conseiller de "changer sa stratégie" après l'élimination de plusieurs grosses sommes lui a rétorqué froidement qu'il choississait au hasard et qu'il fallait qu'il arrête de parler tactique.

Pire, il y a un "banquier", qui propose des sommes au candidat en fonction des sommes qui restent. Le candidat peut partir avec la somme offerte ou continuer à jouer. Regardez bien. Arthur, suitant d'hypocrisie, se met toujours du côté du candidat. Oui, Arthur VEUT que le candidat devienne milliardaire. Ce n'est pas comme si c'était sa propre production qui payait. Notez que le banquier propose toujours une somme inférieure à l'espérance de gain. C'est à dire que la banque proposera toujours une somme inférieure à la moyenne des boites restantes.

Le tout supporté par un public extatique et hilare, que je soupçonne d'être soit fortement alcoolisé, soit menacé par le Mossad de représailles s'ils ne jouent pas le jeu.

Et vous allez me dire qu'on a atteint le fond.

Non. Tristement pas. Parce qu'au moins, le jeu télévisé permet de gagner quelques deniers. Ils ont fait pire. Ils ont sorti un jeu vidéo. Si. Un jeu où on choisi des boîtes aléatoirement pour gagner une somme virtuelle. Pas de culture. Pas d'humour. Pas de scénario, de reflexe ou de réflexion.

Je ne pensais pas avoir à dire ça un jour, mais... Vincent Lagaf'... Reviens.

(1) ce passage n'est peut-être pas purement factuel.
(2) Arthur ou une source inépuisable de post sur ce blog. Mais c'est petit joueur.